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Br ?ves...RMC : Chronique 18École : l’amour en fuite ... ? Bonjour à toutes et à tous, bonjour Brigitte. Cette semaine encore, je vous propose de parler d’école, la rentrée est en effet un moment privilégié pour s’éclaircir les idées et se poser quelques bonnes questions. Nous apprenons, par une enquête menée dans 35 pays de l’OCDE, que les petits Français aiment de moins en moins l’école et que ce « désamour » est de plus en plus sensible au long du parcours scolaire : En CM2, 39,8 % des élèves disent aimer l’école, ce qui signifie tout de même que 60,2 % ne l’aiment pas ... en 6°, ils ne sont plus que 32,9 % à aimer, donc 67,1 % qui n’aiment pas, et au Lycée 17% seulement « aiment » et, partant, 83 % n’aiment pas ! Ces chiffres placent la France au 25° rang sur 35 en ce qui concerne donc, l’amour de l’école ... Notons en plus, que ces résultats sont de plus en plus mauvais d’étude en étude, de période en période. En soi, il paraît assez catastrophique que 83 % des lycéens n’aiment pas le Lycée. Mais si l’on compare aux autres nations, si l’on considère que la France arrive en queue de peloton, alors même qu’avec une certaine arrogance, nous revendiquons une place privilégiée de nation phare de la culture, voici qui devrait conduire notre société à s’interroger profondément sur la qualité et l’adaptation de notre système scolaire et décider d’engager rapidement les réformes nécessaires. A en juger par les réactions suscitées par cette étude, nous n’en prenons pas le chemin ... Or, que disent les élèves pour expliquer ce désamour ? Eh bien ils jugent le travail scolaire « fatiguant » : 11, 2 % en CM2, 14,2 % en 6° ...et 21,8% au Lycée, résultats plutôt satisfaisants ...en effet, respectivement 88,8 %, 85,8% et 78,2% estiment que l’on ne leur en demande pas trop ... En revanche lorsque l’on demande aux élèves s’ils estiment que les règlements scolaires sont « justes », ils ne sont que 44,6% en CM2, 35,5% en 6° et 12% au Lycée à être d’accord avec cette assertion ... ce qui signifie, ne craignons pas d’enfoncer le clou, que les règles scolaires sont vécues comme « injustes » par respectivement : 55,4%, 64,5% et 88% des élèves ... ! Ce sentiment d’injustice me paraît très préoccupant, non seulement quant à ses effets, forcément négatifs, sur la qualité des apprentissages, mais au-delà, sur le rapport qu’auront ces enfants avec la société lorsqu’ils parviendront à l’âge adulte, sur leur envie de s’intégrer à un monde qu’ils auront vécu d’une façon aussi négative au long de leur scolarité. Ajoutons que l’enquête établit que les élèves se plaignent d’un soutien souvent défaillant des professeurs, de sanctions inéquitables, d’une pression familiale trop forte tout ceci les conduisant à avoir, comparé à leurs camarades des autres pays, la moins bonne estime d’eux-mêmes... ceci n’étant peut-être pas sans rapport avec le fait que la France soit parmi les 10 pays où la consommation de cannabis est la plus forte dans ces classes d’âge ! Ainsi comme le note le sociologue François Dubet, l’expérience scolaire est une expérience dure et blessante : les élèves qui échouent sortent en très mauvais état, l’élite en sort imbue d’elle-même et les élèves lambda attendent que ça passe ... ! Résultats peu glorieux ! Et ceci d’autant moins que d’autres pays, notamment les pays anglo-saxons et nordiques où l’on considère que l’enfant doit faire des expériences positives pour grandir, obtiennent des réponses beaucoup plus satisfaisantes ... Alors, nous n’allons pas traiter en quelques minutes un problème d’une grande complexité, personne n’en doute... Toutefois il nous semble qu’aussi longtemps que l’on préférera punir plutôt que d’aider sérieusement à réussir, les choses ont peu de chances de s’améliorer. C’est un peu comme en matière de prévention des accidents de la route : dans certains pays les policiers se placent bien évidence pour inciter les automobilistes à respecter la réglementation, dans d’autres, chez nous, ils ont tendance à se cacher au détour d’une route, à la sortie d’un virage pour prendre les contrevenants en flagrant délit, comme si l’objectif recherché était non pas d’éviter les infractions, mais de les punir ... N’est-ce pas un peu le même mécanisme à l’œuvre dans certaines habitudes pédagogiques qui continuent d’être fort prisées : ainsi l’interrogation écrite surprise ... on continue de prétendre qu’il s’agit d’inciter les élèves à apprendre leurs leçons ... franchement quelle curieuse argumentation : si l’on prévient les élèves qu’ils seront interrogés, là, oui, on les incite à apprendre, mais si on ne les prévient pas, laissant planer une menace permanente, on les stresse pour chaque cour, on les plonge dans l’angoisse, à chaque rentrée en classe d’entendre les mots fatidiques : interrogation écrite ! Quel intérêt de maintenir une telle pression ? Est-ce une ambiance favorable au plaisir d’apprendre ? N’est-ce pas une façon d’inciter à précisément NE PAS apprendre, à jouer à la roulette russe en pariant qu’aujourd’hui, il n’y aura pas d’interrogation ... Alors, il me semble que professeurs et parents auraient intérêt à méditer les enseignements d’une telle enquête, à ne pas, comme trop souvent s’en tirer en dénonçant une génération spontanée d’élèves fainéants, de plus en plus fainéants, d’élèves nuls, de plus en plus nuls ... Il ne serait pas inutile de comparer avec d’autres pédagogies, celles qui privilégient l’encouragement à la dévalorisation, pédagogie du succès ou de l’échec ? Est-il plus profitable de tirer d’un élève, aussi médiocre puisse-t-il paraître au départ, le maximum de ce qu’il peut donner, ou bien de mettre, souvent sadiquement, en exergue ses insuffisances ?
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Union Française pour le Sauvetage de l’Enfance
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